Va-t-on réussir à limiter la hausse des températures mondiales?

Retour sur la COP24 en Pologne. Mise à part le Maroc, les principaux pays ne sont pas en voie de respecter l'accord de Paris pour limiter le réchauffement en dessous de +2 C. Alors quelles seraient les solutions pour y arriver, est-ce qu'une solution technologique miracle existerait? Et si nous n'arrivons pas à atteindre cet objectif, que se passera-t-il?

Lake Hume, Tim J Keegan

Une solution miracle?

En ce qui concerne la solution technologique miracle, Jennifer Wilcox, spécialiste des technologies de capture du CO2 atmosphérique explique que cette voie est loin d'être miraculeuse dans une conférence TED. Elle explique dans son intervention que des technologies de capture du CO2existent, mais coûtent très cher et nécessitent beaucoup de temps de recherches et d'investissements pour en baisser le coût.

Or, couplées aux efforts de réduction des émissions à la base, des solutions d'efficacité énergétique et des solutions proposées par les énergies renouvelables, ces technologies d'extraction du CO2 atmosphérique pourraient nous aider dans un avenir proche pour limiter le réchauffement et changer le paradigme énergétique mondial. Il faudrait cependant pour cela une volonté politique forte et des investissements majeurs dans ces technologies ainsi que dans les technologies renouvelables pour les secteurs de l'énergie, du transport et de l'industrie.

Malheureusement, le sommet en Pologne nous a démontré une crise de leadership politique international pour nous sortir rapidement de l'ère du pétrole. Il manque encore beaucoup d'efforts et d'investissements pour nous diriger rapidement vers une économie énergétique durable et consciente des cycles de vie de nos produits et de l'impact de notre développement sur la Terre. Tout porte donc à croire que les températures continueront d'augmenter dans le prochain siècle, selon différents scénarios.

Les différents scénarios de réchauffement

Scénario le plus pessimiste +4C : 

C'est le scénario si aucune mesure n'est prise et que nous continuons à nous développer en consommant du pétrole et des énergies fossiles sans restriction. Ce scénario catastrophique impliquera un changement radical de la géographie mondiale : hausse des océans de plus de 2m, désertification de nombreuses régions sur terre : Pakistan, Mexique et Sud-Ouest des États-Unis, Sud de l'Europe, nouvelles régions habitables sur Terre : Nord du Canada, de la Scandinavie et de l'URSS, Sud de la Patagonie et Ouest de l'Antarctique. Ce scénario implique beaucoup de changement et beaucoup de migration humaine (migration massive de réfugiés climatiques) et une perte de la biodiversité majeure.

Scénario à +3C :

Effet un peu moins dramatique que le scénario +4, mais similaire : hausse des océans et des évènements climatiques extrêmes, acidification majeure des océans, vagues de chaleur majeures et hausse des feux en Europe, Afrique, Amérique du Nord et Amérique du Sud. Une ville comme la ville de Paris verrait des températures supérieures à 40 C fréquemment l'été avec une hausse majeure de la pollution due à ces températures extrêmes (SMOG). La ville de La Nouvelle-Orléans aurait un futur incertain, en raison des tempêtes et des inondations régulières.

Les villes allemandes commencent d'ailleurs à réfléchir pour s'adapter et limiter les effets de cette hausse des températures certaines qui accentuera les épisodes de chaleur extrême et d'inondation dans un futur proche: ils ont en effet mis sur pied un programme de toits verts pour reverdir les surfaces bétonnées de la ville afin de mieux rafraichir la ville en été et afin de mieux absorber les précipitations diluviennes vécues ces dernières années.

Scénarios à + 2C et +1.5C:

C'est la cible sur laquelle les pays signataires se sont entendus à Copenhague en 2009, mais depuis la cible de +1.5C est privilégiée suite à l'accord de Paris. Dans ce scénario, nous limitons les impacts du réchauffement climatique, sans pour autant faire de miracles. Ce scénario implique toujours des événements climatiques extrêmes et un blanchissement de 98% du corail de la planète, cependant les conséquences y seront moins désastreuses. Un autre facteur à prendre en compte est également la rapidité à laquelle nous augmenterons la température de la planète, car plus ce changement se fera rapidement et plus l'adaptation des écosystèmes de la terre sera difficile.

Avec le scénario de +1.5C, les conséquences seraient plus douces, mais nous vivrions quand même plus d'événements climatiques extrêmes. Cependant, les écosystèmes terrestres auraient plus de temps pour s'adapter à ces changements, ainsi que les êtres humains, si des politiques intelligentes sont bien sûr mises en place.

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La planète continuera donc à se réchauffer et en tant que société nous aurons à prendre des actions et investir pour limiter au maximum ce réchauffement. Dans un second temps, nous devrons aussi réfléchir et agir pour nous adapter le mieux possible au monde plus chaud et extrême qui se dessine, en limitant la pollution et la surconsommation, en rafraichissant nos milieux urbains et en repensant notre économie au niveau mondial.

Une autre voie de réflexion sera de se pencher sur le sort de ceux qui seront le plus touchés par ce réchauffement comme la grande majorité des populations humaines d'Afrique, d'Amérique Centrale, et du Pakistan qui verront leurs milieux de vie devenir beaucoup plus chauds et secs à cause de la désertification ainsi que des populations qui vivent sur des îles ou des milieux côtiers qui seront sous les eaux dans un avenir très proche à cause de la hausse du niveau des océans.

Enfin la question de la qualité et de la dégradation de nos écosystèmes devra être pensée pour préserver durablement la qualité de vie des êtres humains vivants sur cette terre, en préservant celle des autres habitants vivants sur notre planète, animaux et végétaux, dont nous sommes également responsables.

Car comme dirait la jeune Greta Thunberg, qui a tenu un discours aux dirigeants du monde en Pologne à la COP24 et qui mène une grève scolaire en Suède pour le climat tous les vendredis depuis :

« Nous sommes à court d'excuses et de temps. Nous sommes venus ici pour vous informer que le changement s'annonce, que cela vous plaise ou non. »

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Aparté :

Une voiture électrique consomme 50% de moins de CO2 qu'une voiture de même taille conventionnelle sur son cycle de vie au complet selon Union of Concerned Scientists :

https://youtu.be/K9m9WDxmSN8

Le futur du transport aérien (qui contribue également à la pollution atmosphérique et au réchauffement climatique) passera peut-être par des véhicules volants électriques comme celui-ci :

https://www.cranfieldaerospace.com/volante/