Hausse du prix du pétrole : une transition vers les énergies renouvelables inéluctable

oil crash solar

C'est mathématique : la pénurie du pétrole est une question de temps.  La transition vers une économie moins dépendante des hydrocarbures deviendra alors inévitable, car le pétrole deviendra bientôt trop coûteux. Selon les experts, ce jour se rapproche, car la demande en hydrocarbure mondiale ne cesse d'augmenter, mais les ressources en pétrole elles, sont limitées et finies.

Le prix du pétrole se fixe en fonction de l'offre et de la demande. Quand le prix du baril est élevé, la demande diminue et l'économie mondiale est affectée. Alors qu'une baisse du prix du pétrole tend à stimuler la demande et donc l'économie. Une baisse de la capacité de production volontaire ou non peut aussi amener à une augmentation du cours du pétrole comme ce fut le cas avec les chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Les économies occidentales étaient alors très dépendantes de l'or noir et la flambée des prix suite à cette pénurie provoqua immédiatement une récession de l'économie mondiale.

Historique du prix du pétrole depuis 1973 : 

  • 1973 : suite à la défaite des pays arabes dans la guerre contre Israël, les pays producteurs décident en représailles d'augmenter leur prix de 70%, le prix du baril passe de 3$ US environ à 11,65$ (l'équivalent de 60 $ US aujourd'hui), c'est le premier choc pétrolier.
  • 1979 : la guerre Iran-Irak  affecte grandement la capacité de production de ces deux pays. Le prix du brut culmine alors à 40 $ US (l'équivalent de 126,8 $ US aujourd'hui)
  • 1986 : les pays producteurs de l'OPEP imposent une guerre des prix face aux producteurs concurrents non-alignés : ils inondent le marché et font passer le prix du baril à 8 dollars (17,2 $ aujourd'hui), mais en 1990, juste avant la guerre du Golfe, le baril repasse brièvement au-dessus des 40$ (71,4 dollars aujourd'hui)
  • 1997 : erreur de l'OPEP qui augmente de 10% sa production sans tenir compte de la crise économique qui frappe alors l'Asie. Les cours s'effondrent à moins de 10$ le baril (14,5 $ aujourd'hui). Après avoir baissé leur production les pays de l'OPEP ramènent ce taux à 32 dollars deux ans plus tard (l'équivalent de 43,7 $ aujourd'hui).
  • 2005 : l'ouragan Katrina frappe les côtes du Golfe du Mexique et réduit la production américaine. Le prix du baril dépasse la barre des 70 dollars (84,3 aujourd'hui). On parle alors du troisième choc pétrolier.
  • 2008 : record absolu du baril à 147 $ US (157,5 $ aujourd'hui) suite à une forte hausse de la demande chinoise et d'une baisse des stocks américains. En 2009, la crise des subprimes fera plonger l'économie mondiale et la demande en pétrole. Le baril passe alors à 32 $ (35 $ aujourd'hui).
  • 2011 : Conflit en Libye, le baril atteint un pic de 127 $ US (134,7 aujourd'hui).
  • 2014-2016 : La demande de la Chine est en baisse et une nouvelle guerre des prix est mené par les pays de l'OPEP et plus particulièrement de l'Arabie saoudite pour contrer la production d'hydrocarbure de schiste aux États-Unis. Le baril passe sous la barre des 30 $ US.
  • 22 novembre 2016 : le prix du baril est d'environ 48$ US 

 Historiquement, le prix du pétrole fluctue donc, mais on observe une augmentation du prix des hydrocarbures sur le long terme depuis le début de l'histoire de l'économie moderne.

Et bien au-delà des aléas géopolitiques qui affectent le prix de l'or noir, le rythme de découvertes de nouveaux gisements se ralentit et ne permettra pas de soutenir la consommation mondiale de pétrole qui ne continue de croître. Aujourd'hui, la consommation de pétrole mondiale atteint environ 96,7  millions de barils par jour alors que  les experts estiment que la capacité de production de pétrole mondiale devrait atteindre un plafond de production de 100 millions de barils par jour dans un avenir proche.

Certains, comme Ron Patterson, modélisent plusieurs scénarios possibles, les plus optimistes penchent pour un ralentissement et un pic de la production en 2040, alors que d'autres prédisent ce ralentissement pas plus tard qu'en 2020.À partir de cet horizon plus ou moins rapproché et compte tenu des prévisions de la croissance énergétique mondiale, il y aura donc une pénurie d'énergie et le prix du pétrole ne cessera d'augmenter, forçant une transition plus ou moins brutale selon les scénarios vers une économie moins dépendante aux énergies fossiles. Cette transition énergétique favorisera donc les compagnies et les pays moins dépendants en hydrocarbures qui auront investi dans les énergies renouvelables de façon préventive, et ce avant de subir le choc de plein fouet.

Un indicateur majeur de cette tendance : le 10 mars 2016, un rapport des Nations unies a mentionné que les investissements dans les énergies renouvelables avaient atteint un record de 286 milliards, contre 130 milliards de dollars US d'investissement dans les énergies fossiles.  De plus, ce rapport mentionne que pour la première fois, les pays en voie de développement avaient plus investi (156 milliards) que les pays développés (130 milliards) dans les énergies renouvelables. Un nouveau monde se dessine, avec de nouvelles opportunités pour les technologies relatives aux énergies renouvelables.