Rackam et Bienter lancent un nouveau type de centrale énergétique en Grèce

Rackam et Bienter lancent un nouveau type de centrale énergétique en Grèce

Un nouveau type de centrale valorisant les énergies renouvelables est né cet été dans le petit village de Neo Erasmio en Grèce. La station, opérationnelle depuis le 30 septembre 2015, utilise un champ de concentration solaire et une installation géothermique pour fournir le chauffage à différents bâtiments, ainsi que de l'électricité via une turbine de conversion de chaleur.
Imaginé par une équipe de chercheurs de l'université de Thrace, ce concept est une démonstration de l'efficacité de l'intégration de ces trois nouvelles technologies sur un même site. La centrale regroupe donc :

  • un champ de concentration solaire parabolique de 450 m² utilisant la technologie de Rackam (CSP : Concentrating Solar Power), relié à une unité de stockage thermique 
  • une installation de géothermie développée par l'intégrateur grec Bienter puisant l'énergie du sol puis reliée à cette même unité de stockage d'énergie
  • et une turbine utilisant le principe de l'Organic Rankine Cycle (ORC) qui peut générer de l'électricité à partir de la chaleur accumulée dans cette même unité de stockage

Le produit utilisé par Rackam pour le champ de concentration solaire est le S20, le même concentrateur solaire que celui utilisé pour l'usine de Cascades au Québec.

 

Rappelons que les panneaux de Rackam produits à ses ateliers de Bromptonville (Québec) concentrent les rayons solaires dans un tube où circule une huile synthétique. Cette huile peut ensuite restituer l'énergie thermique accumulée à la fin de son circuit. Un champ solaire est constitué d'un grand nombre de panneaux de concentration.

Pour le projet de Neo Erasmio, selon Joel Mathieu, la puissance générée uniquement par le champ de concentration solaire de Rackam est de 230 kW thermiques, soit 300 000 kWh produits annuellement. À titre de comparaison, une maison au Québec consomme entre 25 000 et 30 000 kWh par année... L'autre donnée intéressante, c'est la rapidité de construction : « En deux mois, nous sommes passés d'un champ de tomates abandonné à un champ de concentration solaire à la pointe de la technologie de 450 m² », nous dit Joël, qui a passé un mois en Grèce pour superviser les travaux d'installation et le bon déroulement de la construction du champ solaire. 

L'ensemble de l'installation alimentera entre autres une serre pour de la culture locale de légumes, le système de chauffage d'une école, en plus de produire de l'eau chaude pour une mosquée ! Mais le plus gros de cette énergie thermique produite sur le site sera transformé en électricité utilisable par l'université de Thrace grâce à l'Organic Rankine Cycle (ORC). De plus, des étudiants du deuxième et du troisième cycle de l'université pourront faire des recherches sur ce « laboratoire géant » et sur les capacités énergétiques réelles de ces nouvelles technologies, en comparaison aux modèles mathématiques existants.

Ce projet innovateur a bénéficié de l'appui de l'Union européenne, qui croit au potentiel énergétique de ce pays naturellement gâté par la lumière. Les investisseurs espèrent que ce potentiel solaire et les nouvelles technologies développées entre autres par Rackam pourront donner un espoir de relance économique à ce pays durement touché par la crise depuis 2008.
Joël Mathieu partage cet optimisme : « La Grèce est un pays qui a un fort potentiel solaire, avec beaucoup d'ensoleillement par année, et les Grecs sont déjà très en avance sur l'utilisation de panneaux photovoltaïques pour récupérer l'énergie du soleil. C'est le premier projet incluant la CSP en Grèce et je pense que cela ne fait que commencer ».
En Grèce, la technologie rejoint d'ailleurs la légende : Archimède aurait repoussé une flotte d'envahisseurs romains avec l'énergie du soleil concentrée par des boucliers de soldats, il y a plus de 2000 ans...