Des municipalités imposent et favorisent le solaire thermique dans plusieurs pays du monde

Israël avait imposé une ordonnance solaire en 1980 pour lutter contre sa dépendance au pétrole suite au deuxième choc pétrolier. Par la suite des villes européennes et mondiales ont suivi ce concept: Barcelone a été la première, suivie par Madrid, Turin, St-Francisco, le Cap en Afrique du Sud, Sao Paulo au Brésil,  Rosario en Argentine et bien d'autres. Toutes ces municipalités ont imposé le solaire thermique dans leur règlement de construction municipal à des degrés divers. Le marché des chauffe-eau solaires pour les bâtiments résidentiels a été grandement développé, mais également celui des installations plus importantes destinées aux bâtiments publics, aux commerces et aux industries. Un véritable changement de mentalité mondiale est donc en train d'être véhiculé par les municipalités. De plus, cette mesure est loin d'être isolée, car les villes et les municipalités du monde sont en train de s'organiser pour être en avant-plan dans la lutte pour les changements climatiques.

Barcelone la pionnière

barcelona solar thermique ordinance

Barcelone a été une pionnière dans le domaine municipal en imposant une ordonnance solaire en 1999 pour favoriser le solaire thermique pour les nouveaux bâtiments construits sur son territoire. Les nouveaux bâtiments ont l'obligation de fournir 60% pour l'eau chaude domestique avec un système solaire et 20% des besoins en chaleur dans le cas des procédés industriels.

L'ordonnance a été révisée en 2006, notamment pour inclure des clauses de qualité et de suivi des installations solaires. Après 5 années de cette nouvelle législation, la capacité solaire thermique de Barcelone a bondi de 1650 m² à 31 000 m² de panneaux installés, alimentant l'équivalent de 45 000 citoyens en eau chaude et sauvant l'équivalent de près de 5000 tonnes de CO₂ par an.   

Un exemple repris partout dans le monde

St-Francisco, Solar Thermal Ordinance

Après l'exemple de Barcelone, la perception mondiale sur le solaire thermique a changé, on est passé d'une réglementation imposée en construction à un gage de qualité environnementale dans le secteur du bâtiment municipal. Cette politique barcelonaise a eu une  influence sur d'autres villes en Espagne, puis sur la législation nationale.  Par la suite, de Turin à St-Francisco, de nombreuses villes du monde ont opté pour des législations similaires afin de limiter leurs dépendances aux énergies fossiles et réduire leurs factures d'électricité.

De plus, on s'est rendu compte que le fait d'imposer le solaire thermique comme norme de construction développe également le marché volontaire : c'est-à-dire des projets dépassant les capacités minimales prévues par la législation. Le solaire thermique rentre alors dans les habitudes de construction. Cette situation stimule alors un marché à gros volume, où les économies d'échelles permettent aux installations solaires d'être plus rentables. Cela permet donc aux entreprises émergentes d'atteindre plus rapidement une maturité technologique.

La première ville africaine imposant une ordonnance solaire et le réseau des cités solaires de l'Amérique du Sud

Le Cap a été la première ville africaine à imposer une ordonnance solaire en 2009 et la Namibie a suivi cette politique en implantant un programme national pour favoriser le solaire thermique. En 2007, Sao Paulo instaure une ordonnance solaire puis de nombreuses villes brésiliennes créer le réseau Citades Solares du Brésil, qui regroupe plus de 26 états brésiliens et une centaine de villes.

Rosario en Argentine a suivi cet exemple, puis un nouveau réseau sud-américain a vu le jour : le réseau red de Ciudades Solares d'Argentine.

Les villes et gouvernements locaux se regroupent pour lutter contre les changements climatiques

C40 

Cette logique de réseautage des villes s'accentue par la suite au niveau mondial, surtout suite aux différents sommets sur le climat. Au-delà du solaire thermique, les villes deviennent donc de plus en plus actives dans la lutte contre les changements climatiques et elles se regroupent.

Les réseaux mondiaux s'organisent donc comme le Réseau mondial de cité pour le climat C40 où Barcelone et Sao Paulo sont membres, ainsi que le réseau des gouvernements locaux pour le développement durable, qui regroupe plus de 1500 villes et gouvernement locaux. Les réseaux mondiaux s'organisent donc comme le Réseau mondial de cité pour le climat C40 où Barcelone et Sao Paulo sont membres, ainsi que le réseau des gouvernements locaux pour le développement durable (ICLEI), qui regroupe plus de 1500 villes et gouvernement locaux.

Les processus de décision changent donc et on voit que dans le dossier du solaire thermique et de l'environnement en général, ce sont les décideurs locaux qui prennent position et qui changent nos façons de faire.  Les villes et les gouvernementaux locaux du monde entier semblent donc réorganiser nos modes de pensées et nos habitudes pour nous faire évoluer progressivement dans le monde de demain: un monde plus vert, durable, connecté et coopératif.